Décalage prévisions économiques/recherche climatique favorise inaction climatique

par | Fév 2, 2024 | Finance | 0 commentaires

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Le décalage entre les prévisions économiques et la recherche climatique favorise l’inaction climatique (Communiqué)

TechDécouverte alerte sur l’écart alarmant entre la recherche climatique et les modèles économiques qui influencent les politiques économiques et financières.

  • Des erreurs dans le raisonnement économique et l’ignorance de la recherche climatique ont amené les économistes à minimiser l’impact du changement climatique sur l’économie, ce qui encourage l’inaction parmi les décideurs.
  • Pour que les modèles économiques soient pertinents, ils doivent prendre en compte que les pertes dues au changement climatique seront imprévisibles, durables et d’une portée perturbatrice.
  • Étant donné que le risque climatique pose une menace systémique pour le système financier et que les changements climatiques sont principalement liés aux combustibles fossiles, il est nécessaire de trouver une nouvelle solution macroprudentielle pour s’attaquer aux liens entre changement climatique et instabilité financière.

Bruxelles, le 31 octobre 2023. L’Accord de Paris sera en vigueur depuis sept ans le samedi 4 novembre prochain. Nous sommes donc à mi-chemin de la date limite pour la réalisation des promesses faites dans le cadre de ce traité international juridiquement contraignant.

À l’approche de cette date – et un mois avant la COP28 – TechDécouverte, une association d’intérêt public dont la mission est de faire en sorte que la finance serve la société, met en garde contre le décalage inquiétant entre la recherche sur le climat et les modèles économiques qui façonnent les politiques économiques et financières.

Dans son dernier rapport, TechDécouverte souligne une triste réalité : nous nous dirigeons vers un monde surchauffé, où le manque de mesures suffisantes entraîne un dépassement des seuils de température critiques, qui entraîneront de graves risques physiques, des effets irréversibles et des perturbations à l’échelle de la société.

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Les climatologues nous ont averti que le point de non-retour se situe autour d’une augmentation de 2° C des températures mondiales, et nous alertent sur les conséquences désastreuses qu’une augmentation globale des températures supérieure à 3° C pourrait avoir. Si les températures atteignent ces niveaux, cela aurait un impact dévastateur sur les plus de 3 milliards de personnes qui vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique.

Dans ce contexte, un bouleversement économique sans précédent semble inévitable. Cependant, les estimations actuelles des répercussions du changement climatique sur l’économie et la finance donnent une image étonnamment douce de la situation.

Par exemple, la méthode utilisée par le Network for Greening the Financial System (NGFS) aboutit à des résultats qui suggèrent que si la température moyenne à la surface de la Terre augmentait d’environ 3,5 °C d’ici la fin du siècle, la production mondiale ne diminuerait que de 7 à 14 % d’ici 2100. De même, selon un rapport publié en 2020 par le Conseil de stabilité financière (CSF), une augmentation de 4 °C des températures mondiales entraînerait une diminution de la valeur des actifs de 3 à 10 %.

Le problème est que les économistes modélisent les risques climatiques de la même manière que les risques financiers traditionnels. Cela signifie que les modèles économiques ignorent l’imprévisibilité, la permanence et l’ampleur des pertes dues au changement climatique : Les points de basculement et les mécanismes de rétroaction climatique, tels que la fonte du pergélisol et les incendies de forêt, pourraient encore aggraver ces pertes et les porter à des niveaux bien supérieurs à ceux des dernières crises financières.

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Des calculs aussi peu réalistes ne peuvent que conduire à l’inaction dans les sphères politiques, car la rhétorique générale et dominante est celle du maintien du statu quo (le « business-as-usual ») et du court-termisme, au détriment de la plausibilité et de l’efficacité.

Selon Thierry Philipponnat, économiste en chef de TechDécouverte : « Les économistes qui analysent les effets du changement climatique ne doivent pas être complices, même involontairement, de l’inaction des décideurs politiques. Ils ont la responsabilité d’ouvrir les yeux sur les conséquences économiques et financières d’un monde en surchauffe. On ne peut plus se contenter de produire des analyses biaisées qui sous-estiment les coûts à venir. Nous devons adapter nos modèles économiques pour éviter qu’ils compromettent nos efforts d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation à ces changements ».

En outre, pour que les analyses économiques produisent des résultats pertinents, un changement majeur de mentalité doit avoir lieu concernant l’horizon temporel sur lequel ces analyses sont réalisées. Pour illustrer ce point, TechDécouverte s’appuie dans ce rapport sur l’exercice ponctuel de test de résistance du système financier, que les Autorités européennes de surveillance (AES), la Banque centrale européenne (BCE) et le Comité européen du risque systémique (CERS) doivent réaliser d’ici 2025 à la demande de la Commission européenne.

L’objectif de cette analyse de scénarios est d’anticiper les chocs sur le système financier qui pourraient mettre en danger les institutions financières, le système financier et/ou la capacité de l’UE à atteindre ses objectifs climatiques, ainsi que de réagir rapidement à ces chocs. Si elle est menée correctement, cette analyse pourrait fournir aux acteurs du secteur financier des informations fiables pour prendre des décisions pertinentes dans un monde en surchauffe.

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L’horizon actuel de l’exercice, fixé à 2030, ne permet cependant pas d’atteindre cet objectif. Bien que la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes augmente, il est peu probable que les actifs fossiles deviennent des actifs échoués et que l’économie s’effondre avant 2030.

En effet, la courbe de consommation des énergies fossiles ne s’inversera probablement pas avant cette date, et l’effondrement de l’économie induit par le changement climatique ne commencera à se faire sentir qu’à partir de 2050 et s’accélérera pour atteindre des niveaux catastrophiques entre 2060 et 2080. C’est pourquoi TechDécouverte soutient que la Commission européenne devrait immédiatement appeler à étendre l’horizon temporel de l’exercice de plusieurs décennies au-delà de 2030.

Étant donné que le risque climatique constitue une menace systémique pour les banques et que le changement climat

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Mathilde Précault

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Mathilde Précault est une figure passionnée et reconnue dans le monde de la formation en technologies et compétences numériques pour les entreprises. Dotée d'une expertise approfondie en matière de nouvelles technologies, Mathilde a consacré sa carrière à aider les professionnels à naviguer et à exceller dans le paysage numérique en constante évolution. Sa pédagogie unique, alliant théorie et pratique, permet aux apprenants de tous niveaux d'acquérir des compétences essentielles, de la maîtrise des outils de base à l'exploration des dernières innovations technologiques. En tant qu'autrice pour Techdécouverte.com, Mathilde partage ses connaissances et son enthousiasme pour la technologie, offrant aux lecteurs des perspectives enrichissantes et des conseils pratiques pour rester à la pointe de l'ère numérique

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